Le spleen baudelairien :Charles Baudelaire est un poète français du XIXème siècle. Durant sa carrière, Il s’est tourné vers de nombreux mouvements littéraires, notamment le classicisme, le romantisme, le parnasse et le symbolisme. Ce fameux poète est connu pour avoir réalisé Le Spleen de Paris, datant de 1846 à 1859,  Les Paradis artificiels de 1860 et finalement Les Fleurs du mal de 1857. Dans le premier et principal chapitre des Fleurs du mal, intitulé “Spleen et Idéal”, la conjonction de coordination “et” a bien évidemment valeur d’opposition entre les mots “spleen” et “idéal”. On remarque ainsi que ce sont deux notions contraires. C’est en effet dans la mesure où Baudelaire a visé le très haut (l’idéal) qu’il s’expose aux échecs et aux déceptions que la vie lui livrera. C’est pour cette raison que le poète est l’être du monde le plus exposé au malheur. Par la suite, le mot spleen signifiant “rate” en anglais, signifie au sens propre un organe. La mélancolie (état de dépression et de dégoût de la vie) ou la bile noire passait ainsi pour une sécrétion de la rate, selon la théorie hippocratique des humeurs. Les mots “spleen” et “mélancolie” sont donc en principe synonymes. Le terme “spleen” désigne en général l’ennui, voir le taedieum vitae (le dégoût de vivre). C’est un terme qui est resté proche du langage médical, mais a été adopté par Baudelaire pour lui donner une dimension plus philosophique. En effet celui du dégoût de la vie, et donc de la dépression. La mélancolie chez Verlaine:Verlaine est un écrivain et poète français de la même époque que son concurrent Baudelaire. Il s’essaie à la poésie, et publie son premier recueil, les Poèmes saturniens en 1866. Le titre fait explicitement référence à un genre (la poésie) ainsi qu’à une planète (Saturne). Dans l’Antiquité gréco-romaine, Saturne est la planète de la vieillesse, mais aussi de la mélancolie. D’où l’expression: “avoir un tempérament saturnien”, qui signifie bien sûr avoir une personnalité taciturne, ombrageuse et solitaire. C’est ainsi que ce recueil porte sur la douleur du poète, sur son inadaptation au monde et sur sa solitude. On remarque que Verlaine a été fortement influencé par Charles Baudelaire, qui avait qualifié Les fleurs du mal (1875) comme ” un livre saturnien”. La structure de son oeuvre est propre au spleen. Il est divisé en sections d’égale longueur. De plus, il est encadré par un prologue et un épilogue, dans lesquels l’épilogue répond au prologue. Finalement, les cinq sections qui composent ce recueil: Mélancolia, Eaux-Fortes, Paysages tristes et Caprices, ont tous pour thèmes communs: l’angoisse, la mélancolie et la peinture.